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Edito: l'organisation intégrée et intelligente
Vendredi, 31 Octobre 2003, par Ian Stokes
Sujet : Editorial
Résumé :
Le PDG ne peut pas tout faire. Afin d'intégrer une entreprise, mieux vaut mobiliser un ensemble d'acteurs et s'appuyer sur une pensée collective.
Corps de l'article :
Le Pouvoir du PDG
Le monde moderne semble souhaiter que les directeurs assument toute la responsabilité des résultats d’une organisation et prennent en charge toutes les décisions.
Il ne faut donc pas être surpris qu’un PDG ait un salaire 800 fois supérieur au salaire moyen au sein d’une entreprise, alors que 40 fois était la norme il y a une vingtaine d’années. Nous vivons dans un monde de géants et de nains. Des études ont montré que jusqu’à 50% de la réputation d’une entreprise et 40% de sa rentabilité sont attribuables à son PDG. Dans ce cas, pourquoi ne pas payer le PDG autant que le reste de l’entreprise pris dans son ensemble ?
Pourquoi – dans nos pays – dépensons-nous autant pour éduquer des salariés si les performances de nos entreprises dépendent presque entièrement de nos PDG ? Nous arrivons ainsi à employer des PDG vedettes qui vont tout sous-traiter ailleurs, là où la main-d’œuvre est moins chère.
C’est une veille histoire. Nous savons que nous devons éduquer nos enfants afin qu’ils sachent comprendre, penser et créer. Plus tard, dans leur vie professionnelle, nous leur demandons de travailler sans se poser de questions.
Autrement dit, nous terminons avec un petit nombre de penseurs intelligents qui prennent toutes les décisions, et un grand nombre qui ne font qu’exécuter des directives. Est-ce que c’est le genre de culture d’entreprise que nous voulons : une petite élite qui pense, et une grande masse qui exécute, et tout le restant qui est sous-traité ?
Curieusement, la sous-traitance (vers la main-d’œuvre moins chère) respecte la notion de rémunération en fonction des résultats. Cela implique un niveau de confiance qui permet aux parties prenantes de se comporter comme des partenaires qui partagent un intérêt commun. Cela fait un contraste avec le travail fait en interne qui dépend souvent d’une supervision rapprochée et d’un degré de contrôle important.
Le pouvoir de la pensée collective
Pourquoi les choses sont-elles ainsi ? Les grandes organisations sont pilotées selon des lignes hiérarchiques et fonctionnelles qui restreignent la responsabilité : marketing, ingénierie, production, distribution, finance, etc. Le seul point où toutes ses disciplines convergent se trouve dans le bureau du PDG.
Les projets représentent un effort pour intégrer des personnes de disciplines différentes. Mais en règle générale dans les projets le pouvoir n’est pas délégué. Toutes les décisions clés ont déjà été prises lorsque l’équipe projet commence à planifier le déroulement des étapes. Ainsi, les initiatives intégratives ont été prises à un niveau supérieur : dans les bureaux des directeurs ou du PDG.
Un nombre important de personnes semblent souhaiter que nos organisations fonctionnent ainsi, avec toute la responsabilité investie au niveau le plus élevé. Ils veulent délimiter leurs propres responsabilités, éviter les effets de la culpabilité et maintenir leur sécurité. Malheureusement c’est aussi une formule qui mène à la ruine. Nous ne sommes compétitifs que si nous employons nos cerveaux.
En conclusion, nous devons travailler autrement ensemble :
(1) Nous devons permettre aux personnes – éduquées si chèrement – à penser et à travailler vers des objectifs sans une supervision trop serrée.
(2) Nous devons permettre à des équipes pluridisciplinaires de participer à la réflexion stratégique au moment de l’initiation des projets.
(3) Nous devons mobiliser une intelligence collective – jusqu’ici largement inexploitée – qui représente la capacité pour penser ensemble et pour obtenir des résultats grâce aux synergies et à la synchronisation des efforts.
Tant que nous ne mettons pas en oeuvre (1), (2) et (3) nos organisations et nos économies seront piégées dans des tensions et des frustrations.
Soit nous acceptons que le pouvoir et la responsabilité soient délégués dans nos projets, soit nous acceptons les conséquences d’un travail exporté, ou autrement nous devons tous devenir des PDG !
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